En bref : après une séparation en concubinage, vous ne “disparaissez” pas automatiquement du bail. Le concubin qui part doit en général donner congé au bailleur, respecter le préavis et vérifier s’il reste lié par une clause de solidarité.
- Envoyez une notification formelle au propriétaire ou à l’agence.
- Gardez une preuve datée : recommandé, récépissé ou acte de commissaire de justice.
- Demandez un avenant si l’autre concubin reste seul dans le logement.
Pour se retirer d’un bail après une séparation en concubinage, la priorité est de sécuriser la date de départ vis-à-vis du bailleur. Un accord oral avec l’ex-conjoint ne suffit pas : tant que le propriétaire n’a pas reçu un congé valable ou signé un avenant, le locataire sortant peut encore être rattaché au bail.
La démarche dépend surtout de votre statut exact : seul titulaire, cotitulaire du bail, colocataire solidaire ou simple occupant non mentionné au contrat.
Première étape : savoir qui est titulaire du bail
Si votre nom n’apparaît pas sur le bail, vous n’êtes généralement pas locataire au sens du contrat. Vous pouvez partir plus simplement, mais il faut anticiper les aspects pratiques : dépôt de garantie versé entre concubins, meubles, assurance habitation et courrier.
Si votre nom est sur le bail, vous êtes engagé envers le bailleur. En concubinage, la séparation sentimentale ne met pas fin au contrat de location : il faut formaliser le départ.
Votre nom est sur le bail
Envoyez un congé écrit et vérifiez le préavis. Un avenant peut être nécessaire si l’autre concubin reste.
Votre nom n’est pas sur le bail
Réglez surtout les preuves de paiement, l’assurance, les meubles et l’adresse administrative.
Comment donner congé quand un seul concubin part ?
Le concubin qui quitte le logement doit envoyer son congé au bailleur. Les formes les plus sûres sont la lettre recommandée avec avis de réception, la remise en main propre contre récépissé ou la notification par commissaire de justice.
Le courrier doit identifier le logement, le bail, la personne qui donne congé et la date souhaitée de départ. Il est préférable d’éviter les formulations ambiguës du type “nous nous séparons donc je ne suis plus concerné”. Écrivez clairement que vous donnez congé pour votre part du bail.
Mini-modèle de phrase
“Je vous informe par la présente de mon congé concernant le logement situé [adresse], loué selon bail signé le [date]. Mon préavis débutera à la réception de ce courrier, sous réserve des règles applicables au logement.”
Préavis : 1 mois ou 3 mois ?
Le délai de préavis varie selon le type de logement et sa localisation. Pour une location meublée ou un logement situé en zone tendue, le préavis est souvent d’un mois. Pour une location vide hors cas de préavis réduit, il est en principe de trois mois.
En pratique, le préavis commence à courir lorsque le bailleur reçoit le congé. C’est pour cette raison que la preuve de réception est si importante.
Clause de solidarité : le vrai point à surveiller
La clause de solidarité est souvent le piège principal après une séparation. Elle peut permettre au bailleur de réclamer au locataire sortant certaines sommes dues par l’occupant resté dans le logement, selon la rédaction du bail et le cadre juridique applicable.
Dans les colocations soumises au régime courant, la solidarité du colocataire sortant prend généralement fin à l’arrivée d’un remplaçant ou, à défaut, six mois après la fin de son préavis. Mais les situations de concubinage et de cotitularité peuvent être rédigées différemment : relisez le bail et demandez un avis professionnel si le montant en jeu est important.
Faut-il faire signer un avenant au bail ?
Oui, c’est souvent la solution la plus propre lorsque l’un des concubins reste dans le logement. L’avenant permet d’acter que le bail continue avec la personne restante, ou de préciser les nouvelles conditions acceptées par le bailleur.
Le propriétaire n’est pas obligé d’accepter n’importe quelle modification si la solvabilité change fortement. Il peut demander des justificatifs, une caution ou une garantie adaptée. En revanche, un avenant écrit évite les zones grises entre ex-concubins.
Dépôt de garantie, état des lieux et dettes : que prévoir ?
Quand une seule personne part, il n’y a pas toujours d’état des lieux de sortie complet, puisque le bail continue pour l’occupant restant. Il faut donc s’accorder par écrit sur le dépôt de garantie, les charges, les réparations éventuelles et les loyers déjà payés.
Si la séparation est conflictuelle, conservez les preuves : quittances, virements, photos datées, échanges avec l’agence et copie du bail. Pour un dossier comportant des actes ou une vente liée à la séparation, notre guide sur la formule de politesse pour un notaire peut aussi aider à rédiger un message clair. Si votre logement impose des usages précis, l’article sur la clause d’habitation bourgeoise et la location saisonnière montre pourquoi les clauses du contrat doivent être lues avec attention.
Checklist avant de partir
- Copie du bail et de ses clauses de solidarité.
- Congé envoyé avec preuve de réception.
- Date de fin de préavis notée dans un calendrier.
- Accord écrit sur dépôt de garantie, meubles et charges.
- Assurance habitation et adresse administrative mises à jour.
FAQ
Peut-on se retirer d’un bail sans l’accord de son ex-concubin ?
Vous pouvez donner congé pour votre part, mais cela ne suffit pas toujours à supprimer tous les effets du bail, notamment en présence d’une clause de solidarité. L’accord de l’ex-concubin est surtout utile pour organiser l’avenant, le dépôt de garantie et les frais restants.
Le bailleur peut-il refuser que l’un des concubins parte ?
Le bailleur ne peut pas empêcher un locataire de donner congé dans les formes prévues. En revanche, il peut refuser certaines modifications du contrat si l’autre concubin veut rester seul et que les garanties deviennent insuffisantes.
Doit-on continuer à payer le loyer après avoir quitté le logement ?
En principe, le loyer reste dû pendant le préavis. Si une clause de solidarité existe, un risque peut subsister au-delà, selon le bail et le remplacement éventuel du locataire sortant.
Un simple e-mail suffit-il pour quitter le bail ?
Un e-mail ordinaire est risqué, car la notification du congé doit respecter des formes précises. Privilégiez une lettre recommandée avec accusé de réception, une remise contre récépissé ou un acte de commissaire de justice.

